(1946) Lettre de Mireille à Peter Kölle, allemand incarcéré à Fresnes.

Lettre de Mireille (Paris), à F. Peter Kölle, 1ère Division, cellule 307, compte 9512, Fresnes (Prison); la lettre arriva le 7 janvier 1946; le destinataire était un (soldat?) allemand incarcéré après la Libération, et le fiancé de l’auteure; papier à lettre (17×13,5 cm) plié et directement timbré, sans enveloppe. L’auteure et le destinataire de cette lettre se marièrent vers 1951 en Allemagne, alors que Peter Kölle y est retourné vivre et officie en tant qu’agent de voyage. Lettre manuscrite trouvée en juillet 2017 dans une brocante de Seine-et-Marne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce vendredi

ami

Je suis allée à Fresnes hier après-midi et t’ai apporté un colis de linge dans lequel il y avait une couverture, un pull over, un coussin, une paire de moufles et une paire de pantoufles, ces dernières ont été d’une difficulté à trouver, le 44 n’existant pour ainsi dire pas. Toutes ces choses les as-tu bien reçues. En rentrant chez moi j’y ai trouvé ta lettre; tu me demandes d’aller voir mme Georges pour avoir l’adresse des Dupont et lui réclamer une culotte en paiement de ce qu’il te doit! ceci est impossible 1° je ne vois plus mme Georges 2° Dupont n’acceptera pas  maintenant de reconnaitre sa dette tu sais il ne faut pas trop compter sur l’honnêteté des gens du moment qu’ils se sentent en position forte ils en profitent 3° les vétements américains sont défendus pour les civils ici, cependant si tu as besoin d’une culotte j’en ai une qu’on m’a donnée cet été à Cannes ou j’avais été travailler, elle n’est pas très chaude (elle est en gabardine) mais elle est neuve, dans 1 ou 2 mois quand il fera moins froid je te l’expédierai. Je me suis informée d’un avocat pour toi, la situation est très délicate, il est difficile pour eux de défendre un allemand, surtout que je ne sais pas ce qu’on peut te reprocher, mais s’ils défendent ta cause cela peut les compromettre aux yeux des autres, celui qu’on doit désigner d’office lui ne crains rien, je lui prometterai quelque chose comme tu me l’as conseillé.
Peut-on t’envoyer un colis de vivres? et quel jour est-ce! il serait temps que tu aies quelque chose en plus de ton ordinaire. Je crois que c’est jusqu’à 3 kils c’est pour cela que je voudrais t’en expedier un le plus vite possible puisque c’est un par semaine. C’est dommage mon colis de 10 kils de metz est perdu je crois. Enfin, chéri, je te quitte le manque de papier m’oblige à finir. Reçois des millions de baisers de celle qui pense beaucoup beaucoup à toi. Mireille.

Manuscrits

(1957) Carte postale de Toulouse envoyé par Albert à Maria.

Carte postale envoyée de Toulouse le 18 juin 1957 par « Albert » à « Maria » (l’auteur pourrait s’appeler Albert Lunel si l’on choisit de lire: « de Lunel Albert » au lieu de « un con de Lunel »). Le texte semble avoir été écrit à plusieurs moments et à des jours différents, l’auteur reprenant la même ligne là où il l’avait laissée, sans ponctuation et sans transition. « Linda » semble désigner la chienne de l’auteur. Photo de la carte représentant « Toulouse La Ville Rose/ Carrefour Allées Jean-Jaurès/ Boulevard de Strasbourg ». Format: 89x138mm.

 

 

 

 

 

 

Bien chère Maria                                                             Toulouse le 18/6/57

Il est 9h et je sui au cours du centre il y a 10m de détente jen profite pour te faire ces 2 mots il est 10h10 et je continue car javai interompue les cours. aujourd’hui ont nous a explique ce qu’est le C.H.S ou comité d’Hygiene Sécurité, dans quelques minute nous alons avoir exercice sur le Télécode ce qui veu dire le code de la route, ont mes une fiche sur le panneau qu’on et questionner et si l’on ce trompe le panneau se mes en cour circuit et si ces bon une lampe s’éclaire d’ailleur à la foire {?} exposition ou Peup {?} sétait presenté, bref hier j’ai envoyer une carte à Renée et je lui parle de mes impression de la course a chevaux qui ma bien plus et toi je panse que les resultat de ta consulte sont positif +. vendredi nous sorton en principe  à 17h30 alors nous somment plusieurs que nous allont demandé ci cettait posible de quitter à 17h pour pouvoir prendre notre train à 17h54 car du centre à l’Hotel + la gare il faut bien 40mi  en tramvai + bus. ci pas possible d’avoir cette accord il me reste de prendre le train à 21h29 et arrivée à Langogne le samedi matin vers 10h41 il doit bien y avoir correspondance pour le Puy je pense et peut être arrivée le Puy vers 13h enfin je verai car en venant du Puy il fera bien chaud arrive ver Bezier ne te frappe pas à Vendredi ou samedi et ma Linda, doit bien être sage je pense que tu la promene un peu, come je lai dit à Renée Dimanche j’ai vue un marché au chien il y en avait des Loulou  mes cetai pas ma Linda, a moi, ici ont et 3 compin {?} nous mangeon un peu dans chaques Restaurant il y a foulles ces un Paris le Boulevard de {??} Strasbourg le soir ma fenètre donne en plein Boulevard et je fume une bonne cigarette je ne peux pas bien dormir même en prenent un aspyrine. car ces à voir le bruit qu’il ce fait toute la nuit les Barts Brasserie à 2h du matin sont ouvert incroyable il et 15h5 je parle avec un con {?} de Lunel Albert
{écrit à l’envers au-dessus de la première ligne:} Je posterai ce soir. grosse bise+caresse a ma (Linda)

Albert

Manuscrits

(1958) Lettre de Maria Rosa Feliciano au « Querido » – fragment d’une séparation.

Lettre de Maria Rosa Feliciano au « Querido », datée de Lisboa, 1/05/1958; 1 feuillet, plié en deux, 4 p.; lettres trouvées à la Feira de Ladra de Lisbonne en août 2018.
Tous les documents recueillis sur le divorce de Maria Rosa Feliciano se trouvent sur cette page: (1957-1958) Maria Rosado Feliciano: fragments d’une séparation.

 

 

 

 

 

 

 

Lx 1-5-958

 

Querido:

        Depois de telefonar quatro vezes para a pensão e não te encontrar, escrevo-te.
Estás zangado comigo? Julgas-te com razão? Meu amor querido, tu não vias que eu estava tão doente, sob a acção do éter, completamente desorientada e, tu querido, sem carinho nenhum comigo, pelo contrário parecendo que fazias um grande frete em me aturares um bocadinho só. Não queria que te fosses embora, meu amor, queria a tua companhia a tua meiguice, que há tanto tempo não tenho! Querido! Compreende-me. Ao menos, que sejas justo. Tenho sofrido muito, fisica e moralmente. Tenho-te feito todas as vontades, mesmo aquelas em que não concordo muito, só pelo prazer de tas fazer. Deixei o emprego, só para ficares satisfeito, meu amor, e tu és tão injusto para quem gosta tanto de ti e não pensa noutra coisa que não seja fazer-te feliz. Meu querido amor, vê bem a situação. Eu sei, querido, que tu sabes que eu
 vergo sempre… sou tua amor!! E só isto, afinal. Já não gostas de mim? Responde francamente. Quero franqueza acima de tudo. Quero falar contigo depressa. Vim hoje a Lisboa tratar de vários assuntos. Não consegui encontrar-te. Estou cheia de pena e saudades.
Porque será que gostar faz sofrer tanto? Querido, não calculas como estou nervosa e desesperada.
Não fôste hoje almoçar à pensão, não sei, portanto, como falar contigo. Lembra-te que és a razão da minha vida, sem ti, nada me pode interessar. Quero falar contigo depressa, muito depressa. Quero que me digas frente a frente o que sentes ultimamente por mim.
Lembras-te o que te disse a última vez que te beijei? Vê se consegues lembrar-te, e, talvez vejas quanto sou tua.
Não gosto de escrever para aí, mas não sabia para onde devia fazê-lo.
Responde-me depressa a esta carta. Devo vir a Lx, dentro de poucos dias. Talvez amanhã ou depois. Tenho de resolver a vida de qualquer maneira, não posso ficar de braços crusados porque depressa o dinheiro se acaba e, infelizmente, não se pode viver sem ele.
Sempre tua  Maria Rosa.

P.S. Não estejas zangado comigo, meu amor, porque não tens razão. A tua querida [?], está arrependida por te ter deixado ir embora sem ela.

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